M. Jean-Louis RIPPE
à l'honneur dans la Nouvelle République du 04 mai 2007
L'article scanné étant illisible, le voici réécrit ici.
De f(us)ils en aiguilles
Après 35 années passées au service de son pays, l'adjudant-chef Jean-Louis Rippe a troqué les armes pour les aiguilles à broder. Une reconversion peu ordinaire, mais pas du tout incongrue, selon le principal intéressé.
Tout petit, il se passionnait déjà pour la broderie. Le milieu dans lequel il évolue ne peut que donner matière à cette passion : sa maman était couturière, son papa employé dans une usine textile. A 16 ans, il travaille dans l'usine de son père, pendant les vacances scolaires. " J'alimentais en bobines de fil les femmes qui tissaient. Je m'en rappellerais toute ma vie. " Mais c'est en aidant sa mère qu'il a développé un réel amour pour la broderie. " Je l'aidais beaucoup ma mère quand j'étais petit. Ça ne me gênais pas. J'étais très manuel de nature. Déjà, mon rêve était d'avoir un métier à tisser. "
Jean-Louis commence par le canevas. En 1978, il découvre la tapisserie à l'aiguille. Deux ans plus tard, il donne forme au prototype du métier à broder, sa grande fierté. Adjudant-chef le jour, il redevient artiste dès qu'il enlève son uniforme.
Les années passent, Jean-Louis Rippe suit son bonhomme de chemin. Sans jamais mettre de côté sa passion. Quand arrive le jour de sa retraite, l'adjudant-chef songe à se consacrer corps et âme à la broderie. Il dépose ses premiers brevets pour le métier à broder en 1998. Neuf ans plus tard, le 16 avril dernier, son entreprise, Easy Brod, voit le jour.
Des railleries, l'adjudant-chef en a essuyé quelques unes, mais sans y prêter vraiment attention. " A l'origine, ce sont les hommes qui brodaient. Les femmes étaient "impures" pour toucher la soie et la laine. C'était très manuel, il fallait avoir de la force. " Jean-Louis Rippe rencontre d'ailleurs de plus en plus d'hommes qui s'intéressent à cet art. Il envisage même d'organiser une exposition destinée uniquement à la gent masculine.
Et pour donner corps à sa passion, il peut compter sur l'appui de sa femme, " une brodeuse invétérée. " Ils se sont d'ailleurs connus grâce à ça. Jean-Louis organisait alors sur la base aérienne l'exposition " Talents cachés " pour découvrir les passions respectives de ses collègues. " C'est comme ça que j'ai rencontré ma femme, Marie-Hélène. " Amour, passion, travail, tout sourit à l'adjudant-chef.
Correspondante NR : Emmanuelle Bobineau.
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